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Quand les médias discréditent la Géo-Ingénierie (2)

8 Février 2011 , Rédigé par ActuChem Publié dans #Géo-Ingénierie

Ce qui pourrait peut-être mal tourner : occulter le soleil

 

 

Traduction de l'article par Hélios (voir son blog) :


La géoingénierie pourrait causer plus de problèmes que le réchauffement mondial auquel on tente de mettre fin.

 

Par David Roberts 03/02/2011

 

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Le soleil masqué. Déverser des aérosols de soufre pourrait refroidir le globe, mais aussi provoquer une sécheresse généralisée et la destruction.

La géoingénierie de l'atmosphère en vue de prévenir les pires conséquences du réchauffement climatique était autrefois considérée comme trop prétentieux pour être envisagée sérieusement. Les sombres perspectives vers l'adoption d'un traité international sur les changements climatiques ont changé la donne. L'an dernier, l'Académie Nationale des Sciences aux États-Unis et la Société Royale du Royaume-Uni ont toutes deux organisé des réunions sur la géoingénierie. Les projets se cantonnent généralement à deux catégories: la capture du CO 2 (extraire le dioxyde de carbone de l'air) ou la gestion du rayonnement solaire (réfléchir la lumière solaire) mais c'est cette deuxième rubrique, qui implique d'utiliser des avions ou de longs tuyaux pour déverser des aérosols sulfatés dans la basse stratosphère, qui est la plus audacieuse.

 

Une fois dans la stratosphère, selon la théorie en vigueur, les aérosols réfléchiraient une partie du rayonnement solaire et éviteraient une hausse désastreuse de la température moyenne mondiale. La théorie n'est pas folle. Après l'éruption du mont Pinatubo aux Philippines en 1991, qui a craché 20 millions de tonnes de dioxyde de soufre dans la stratosphère, la température mondiale moyenne a diminué d'environ 0,6° C (NDT : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pinatubo) entre 1991 et 1993. Mais administrer correctement un tel programme exigerait un degré sans précédent de coordination internationale et de financement, et les marges d'erreurs de calcul resteraient élevées. Et les conséquences négatives potentielles sont, dans le pire des cas, extrêmes.

 

Prenons un scénario hypothétique (vraiment ?) pour l'année 2030 :

 

De violentes tempêtes et des inondations, des sécheresses prolongées et des incendies de forêt sont devenus monnaie courante. La Chine est devenue la plus grande économie mondiale, et deux décennies d'une hyper-croissance d'extraction du charbon ont submergé l'avance du pays en énergie propre et en efficacité. Elle perd près de 2.000 kilomètres carrés par an en raison de la désertification, pour un coût annuel de 10 milliards de dollars. Sa région agricole orientale, qui alimentait jadis une fraction substantielle de la population mondiale, a vu ses nappes phréatiques baisser précipitamment en raison de la sécheresse et de la surexploitation. Les pénuries alimentaires sont devenues monnaie courante.


Sous la pression du changement climatique et pourtant incapable de ralentir sa croissance sans risquer des troubles intérieurs, le gouvernement chinois presse les États-Unis et l'Union européenne de coopérer pour un programme de géoingénierie. Ce programme propose de lancer des avions militaires dans la basse stratosphère afin de libérer plusieurs millions de tonnes par an de gaz à base de soufre, avec l'intention de réfléchir la lumière du soleil et d'émousser la hausse de la température mondiale. Les États-Unis et l'UE rechignent, et la Chine va de l'avant seule. Faute de pouvoir agir, les pays occidentaux regardent avec consternation les jets chinois prendre l'air.


Les États-Unis n'ont bientôt plus d'autre choix que d'intervenir en tant que partenaire, au moins pour stabiliser le déversement et la dispersion géographique des particules. Avec les deux nations les plus puissantes du monde désormais perçues comme «responsables» du climat, d'autres pays soupçonnent qu'elles vont manipuler le temps à leur propre avantage. Chaque inondation ou incendie est considéré comme une responsabilité sino-américaine.


Au bout d'environ cinq ans, les scientifiques commencent à réaliser que le blocage de la lumière solaire provoque des effets secondaires bien pires que prévu. Moins de chaleur a entraîné moins d'évaporation et donc moins d'eau entrant dans le cycle hydrologique. Les moussons asiatiques et africaines apportent de moins en moins de pluie, ce qui conduit à la sécheresse et perturbe l'approvisionnement alimentaire de milliards de personnes. Pendant ce temps l'acidification des océans, que le blocage solaire ne peut atténuer, a entraîné la fermeture des principales pêcheries.


Après 10 ans, la pression des pays très éprouvés devient écrasante. Pour éviter la guerre, la Chine et l'Occident abandonnent leurs programmes de géoingénierie, malgré les protestations frénétiques de leurs scientifiques. Et ce qui arrive ensuite est encore pire.


En deux ans, le niveau de soufre atmosphérique replonge au niveau d'avant la géoingénierie et la température moyenne mondiale, artificiellement supprimée depuis une décennie, fait son grand retour. Une fois de plus, les modèles de précipitations et de température se renversent brusquement, effaçant les efforts des agriculteurs mondiaux à s'adapter aux changements de la décennie précédente. Les températures élevées générées par les milliards de tonnes de méthane - gaz à effet de serre 30 fois plus puissant que le CO 2, libérés par la fonte du permafrost arctique, accélèrent à leur tour le réchauffement. Le processus s'auto-entretient et devient irrésistible. En 2050, des famines, des maladies et des conflits armés quasi-constants dévastent les pays en voie de développement. L'Inde et le Pakistan, affamés, désespérés et paranoïaque, sont à un cheveu de déclencher le nucléaire. Puis une bombe explose en Inde et les choses commencent vraiment à aller mal.

Comment faire au mieux ?

Évitons d'avoir seulement à envisager la géo-ingénierie en gardant l'atmosphère à des niveaux peu élevés en CO 2, 350 ppm idéalement.

 

Source: http://www.popsci.com/science/article/2011-01/what-could-possibly-go-wrong-blotting-out-sun



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